Tout sur MCM en 12 questions

Standard

1. Qui est MCM ?

L’exploitation du minerai de cuivre d’Akjoujt était jusqu’en 2004 assuré par la SAMIN et la GEMAK, date à laquelle l’État mauritanien a cédé l’ensemble de ses parts à la Wadi Al Rawda Industrial Investments pour la misérable somme de 900 000 dollars.

En 2005, l’État  transfère la concession de l’exploitation de la mine d’Akjoujt à un conglomérat minier la MCM dont Wadi Al Rawda Industrial Investments détient 19% du capital.

2. Qui sont les actionnaires de la MCM ?

La MCM est entièrement détenue par des capitaux étrangers. Au départ, la société canadienne First Quantum Minerals Ltd disposait de 80%, la société émiratie Wadi Rawda de 19% et la société australienne General Gold International de 1%. Mais ces actions ont été rachetées par La First Quantum Minerals lors d’une OPA sur les actions des autres entreprises. Lors de ce raid boursier, MCM a usé de 63 millions de dollars pour parvenir à ses fins. Pour information, l’Etat mauritanien n’a bénéficié d’aucun dollar de retombée de cette opération

3. Qui est la First Quantum ?

La canadienne First Quantum qui détient l’intégralité du capital de MCM est une société connue au niveau mondial par ses pratiques douteuses (exemple Zambie, RDC, Ghana, Sierra Leone…). Cette réputation repose sur son expertise en évasion fiscale et la transgression des législations nationales. A ce propos l’écrivain canadien Alain Deneault lui décerne une couronne dans son ouvrage : «Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique».

4. Combien rapporte le contrat avec la MCM à l’État mauritanien ?

Le contrat avec MCM rapporte à l’État mauritanien moins d’un milliard d’ouguiyas alors que la MCM engrange plus de 200 milliards d’ouguiyas. Cherchez l’erreur ! En somme, l’État reçoit 2 malheureux % de la production après déduction de toutes les charges et autres coûts d’exploitation.

5. La MCM crée-t-elle des emplois ?

La MCM s’adresse à des sous-traitants locaux, moins regardants sur les exigences en matière d’emploi. La MCM, en une pierre deux coups échappe aux charges patronales et sociales et dispose, abondamment, d’une main d’œuvre discount sous payée et sur  exploitée.

Au demeurant, ceux qui y travaillent peuvent l’attester. Les conditions de travail ne sont accompagnées d’aucune mesure de prévention ou de prise en charge médicale en cas d’accident malgré le maniement récurrent d’explosifs et l’usage plus qu’habituel de produits toxiques. Dans ces conditions le travailleur mauritanien de base peut très vite perdre la vie en essayant de la gagner.

6. L’État mauritanien peut il contrôler les activités de la MCM ?

C’est là où le bas blesse. L’État mauritanien n’a aucun moyen légal pour contrôler MCM. Celle-ci est affranchie de tout contrôle. Ses comptes ne sont ni vérifiés ni audités. Ses activités ne sont pas contrôlées pour examiner leur conformité avec les exigences en matière de respect de l’environnement. La production de MCM n’est pas connue et l’on ne sait que peu de choses sur la quantité produite. L’entreprise opère de manière mystérieuse et ses employés internationaux ne fréquentent pas ces pestiférés d’ouvriers mauritaniens. Ils vivent en vase clos au point que tout ce qu’ils consomment est importé d’Europe. Sans doute parce qu’ils en savent un rayon sur l’intoxication qu’ils infligent au milieu environnant. C’est en effet moins risqué que d’être contaminé par le cyanure ou l’amiante en consommant des produits locaux copieusement dopés par les nuages toxiques. Les informations dont disposent le gouvernement et sur la base desquelles sont indexées les royalties sont communiquées par MCM elle-même. Les quantités, la composition de l’or, les risques sur l’environnement…circulez y a rien à voir. Prière de se renseigner auprès de MCM. Le gouvernement mauritanien   n’a pas accès aux containers envoyés via le port de Nouakchott, ils sont scellés à Akjoujt en présence des expatriés exclusivement, aucun national n’est admis à assister à cette opération. Le gouvernement ne connaît même pas destination finale des précieuses cargaisons. De même, certains secteurs des sites sont absolument interdits d’accès aux  curieux mauritaniens.

7. Les activités de la MCM sont-elles dangereuses ?

Dangereuse, c’est peu dire pour qualifier MCM. Akjoujt est sans doute la ville la plus sinistrée de la Mauritanie, abandonnée par les siens, un lieu de passage express pour les autres, personne ne veut y rester plus d’une heure. Le climat et l’environnement sont peu hospitaliers, les braves habitants de ce bourg  en savent quelque chose, eux qui inhalent un air lourdement plombé. Même l’eau est infectée. Si ce ne sont pas les employés morts de manière subite et suite à des fièvres mystérieuses, ce sont les populations qui souffrent de démangeaisons et de troubles inexpliqués, ou bien les camelins qui sont décimés par troupeaux entiers et de manière inexpliquée.

Il est aujourd’hui avéré que MCM utilise des produits hautement nocifs dans l’exploitation des mines. Pire encore, elle déverse, à ciel ouvert, les déchets toxiques dans des zones à proximité de Nouakchott. Même les nappes phréatiques sont contaminées par le cyanure ou l’arsenic et autres  poisons aux noms exotiques. Il faut dire que MCM ne respecte aucun cahier de charges en matière de respect de l’environnement et agit en toute impunité, avec la complicité des plus hautes autorités du pays, notamment le ministère de l’environnement (sic) qui ne trouve rien à redire. Au contraire, ses col-blancs d’experts s’évertuent à vanter la qualité du respect scrupuleux par MCM de l’écosystème.

8. La MCM a-t-elle contribué au développement de la région d’Inchiri ?

Les principales victimes de l’exploitation forcenée des mines sont les habitants de l’Inchiri et la ville-fantôme d’Akjoujt. Ce qui vous frappe à votre arrivée dans cette ville c’est l’absence de signes extérieurs de la prospérité. Les retombées financières sont captées à Nouakchott par la meute de courtiers et  intermédiaires véreux..

Même la très longue et monotone route Nouakchott-Akjoujt qui devait être réhabilitée au terme de la première convention n’a bénéficié que d’un lifting, un vrai ravalement de façade. La convention stipulait que la MCM verserait une contrepartie financière de 1,5 millions de dollars par an à l’ATTM. Celle-ci se chargera de réhabiliter et d’entretenir la route. C’en est trop pour la MCM et il n’ya pas de petits profits. Pour se désengager et ne pas payer cette contrepartie la MCM a mobilisé ses redoutables réseaux à Nouakchott. La convention est abandonnée au profit d’un accord signé le 22 février 2009 entre la Mauritanie et MCM précisant que celle-ci devrait réhabiliter 30 km par an, avec à la clef la création de 140 emplois.

Mais la MCM se dérobe et propose de réhabiliter la route en utilisant un revêtement (bicouche) de qualité médiocre et surtout pas cher du tout alors que l’accord était établi sur la base d’un revêtement qu’on appelle « enrobé », plus cher, plus résistant et surtout adapté aux températures élevées et à un usage fréquent tel que celui que les camions de la MCM infligent à la route. Le ministère de l’équipement était dans un premier temps monté au créneau en s’opposant à cette modification. Là aussi, MCM a su frapper aux bonnes portes et le même ministère a fini par se déjuger, toute honte bue, et accepter comme par enchantement la solution « technique » proposée par MCM. Cela donne le résultat que vous connaissez. Une route ennuyeuse qui ne ressemble à rien, plus colmatée que réhabilitée.

9. La MCM bénéfice-t-elle d’avantages indus et injustifiés de la part de l’État mauritanien ?

La liste des « petits arrangements entre amis » est loin d’être exhaustive. Elle donne un tout petit aperçu des privilèges dont bénéficie MCM. Elle est exonérée d’impôts sur le revenu des sociétés jusqu’au 20 février 2012. Elle peut utiliser gratuitement le Port de Nouakchott, peut importer des équipements en franchise, exonérés de taxes douanières. La générosité des négociateurs de la convention n’a pas de limites…

Par ailleurs, la MCM n’est pas tenue pour responsable de la dégradation de l’environnement résultant des « travaux antérieurs ». Cette formule fumeuse figurant dans la convention permet de mettre tout sur le dos des  sociétés qui exploitaient les mines avant la MCM.  Et vous me direz qu’entre le passé, le présent et le futur, en termes de dégradation environnementales la frontière est difficile à tracer. Allez « dater » le poison dans le sang d’un pauvre ouvrier et amusez-vous à remonter à l’auteur du crime.

Aussi, le nouveau code minier impose aux sociétés exploitantes de céder au moins 7 % de leur capital à des nationaux ou à l’État mais cette disposition ne s’applique pas à MCM.

Certains experts considèrent la convention qui lie notre pays à la MCM comme la plus avantageuse au monde pour une société de mines. Normal, que la MCM met les bouchées double et impose un rythme infernal de production et d’acheminement de containers  MCM comme si elle voulait épuiser la mine sous la convention actuelle considérée par

10. Existe-t-il un lobby qui protège MCM ?

Il existe bel et bien aujourd’hui un lobby puissant qui protège MCM ; On retrouve ses tentacules à tous les niveaux de l’administration. Les rapports complaisants des ministères des mines, de l’environnement, de l’équipement… permettent d’apposer un label de respectabilité sur les activités de la MCM. Des autorités régionales, en passant par les « péages de police aux douaniers du port ainsi que les hauts fonctionnaires de l’État…toute cette armada est mobilisée pour protéger MCM qui sait se montrer très généreuse dès que le besoin s’en ressent.

11. La grève actuelle annonce-t-elle un tournant ?

Les travailleurs de la société d’exploitation des mines du cuivre d’Akjoujt (MCM) sont entrés dans une grève dure le 21 décembre 2011 pour exiger la satisfaction de leur plateforme revendicative en 21 points. La MCM ne veut pas ouvrir de négociations et affiche un mépris ostentatoire pour les demandes sociales des travailleurs. Des consignes venant du sommet de l’État auraient été données aux autorités locales pour faire échouer le mouvement et contraindre les travailleurs à renoncer à leur action. Autorisation de faire usage de tous les moyens : un peu la carotte et copieusement le bâton. Face à ces manœuvres pour les démobiliser, les grévistes semblent déterminés ce qui peut constituer un tournant fatal pour MCM.

12. MCM  menace de quitter le pays, est-ce grave ?

Pour 2012 en guise de cadeau de début d’année, MCM agite l’étendard du chômage massif et menace de quitter le pays si l’on continue à la contrarier. Ses dirigeants font du chantage en espérant plier les grévistes et pousser le gouvernement à intervenir. Ils cherchent parallèlement à discréditer le mouvement de grève auprès de l’opinion et que celle-ci se mobilise pour supplier MCM de rester, au nom des intérêts vitaux du pays.

Eh bien non. Au revoir MCM, Dégage et surtout Merci. Merci de donner un peu de répit à notre sous-sol, notre biodiversité, notre santé.

MCM la porte de sortie, c’est par là !

فى ستين داهية

إذا ذهب الحمار بأم عمر فلا رجعت ولا رجع الحمار

via 11 Tout sur MCM en 12 questions.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s